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Site archéologique d'Aubigné-Racan

Le site antique d’Aubigné-Racan marquait la frontière de trois peuples gaulois : les Andécaves, les Turones, et les Aulerques Cénomans, dont les territoires respectifs correspondaient à peu près aux départements du Maine-et-Loire, de l’Indre-et-Loire et de la Sarthe. Du reste, les actuelles préfectures de ces départements sont les anciennes capitales de ces peuples ;  Andecavorum (Angers) pour les Andécaves, Caesarodunum (Tours) pour les Turones et Vindinum (Le Mans) pour les Aulerques Cénomans.

Après une longue période d’occupation qui débute à l’âge du cuivre (-4500 / -4000 Av JC), le site d’Aubigné-Racan connaît un essor remarquable lors de la conquête romaine. Il devient alors un lieu de rencontres saisonnières, commerciales et religieuses.

Si les vestiges d’Aubigné-Racan sont signalés depuis le début du XVIIIe siècle, ce n’est qu’en 1874 qu’ils sont identifiés à des monuments gallo-romains.

Monnaie gauloise (Denier) frappée à l'effigie d'un chef de guerre Aulerque Cénoman.
Monnaie gauloise (Denier) frappée à l’effigie d’un chef de guerre Aulerque Cénoman.

Depuis 1972, date des premières prospections par photographies aériennes, les édifices ont été dégagés. Les fouilles, menées par Claude Lambert et Jean Rioufreyt, ont ainsi révélé un théâtre antique, deux temples, un vaste marché-forum, des thermes alimentés par un aqueduc souterrain, mais aussi différentes structures protohistoriques.

 

Le théâtre

Les structures actuellement visibles sont celles des fondations d’un théâtre édifié dans la seconde moitié du 1er siècle de notre ère et dont l’élévation était, à l’époque, beaucoup plus importante.

L’édifice était accessibles par des escaliers de bois débouchant sur trois allées convergentes ; les vomitoires. Les trois mille spectateurs qu’il pouvait contenir prenaient alors place dans le cavea et s’asseyaient sur des gradins en bois. La scène étant de petite dimension, les spectacles pouvaient se dérouler également dans l’orchestra à proximité de laquelle une loge rectangulaire accueillait les notables.

La décoration des murs extérieurs du théâtre et des faces visibles de la scène, était rythmée par des moellons de grès blanc ou sombre dessinant un décor continu de chevrons ou de triangles.

Site archéologique d'Aubigné-Racan - Le théâtre
Site archéologique d’Aubigné-Racan – Le théâtre

Le théâtre, comme l’attestent les monnaies découvertes, semble avoir été fréquenté dès la fin du Ier jusqu’au IVe siècle de notre ère.

Le secteur du théâtre est riche en vestiges de différentes époques. Sous les fondations maçonnées du monument gallo-romain, la fouille a mis en évidence la présence d’une nécropole protohistorique datée de la fin du Ve siècle / début IVe siècle avant notre ère. Cinq blocs mégalithiques et huit tumuli (à l’origine tertres de terre recouvrant une sépulture) révèlent une importante occupation funéraire.

 

 La nécropole protohistorique

Sous les fondations du théâtre, la fouille a révélé la présence d’une nécropole protohistorique datée de la fin du Ve siècle / début du IVe siècle avant notre ère.

Cinq blocs mégalithiques groupés et huit tumuli disséminés sous les murs de la cavea et de la scène sont actuellement reconnus.

Ces tumuli recouvraient des tombes à incinération protégeant des urnes funéraires. L’une d’elle contenait un riche mobilier comprenant une épingle, trois fibules et une bague en bronze, deux bracelets en verre, un collier de seize perles d’ambre et de pâte de verre jaunâtre dont cinq décorées d’ocelles blanches.

Site archéologique d'Aubigné-Racan - Thermes, Salles chaudes
Site archéologique d’Aubigné-Racan – Thermes, Salles chaudes

Le forum

Ce monument, dont les fondations visibles servaient de base à un bâtiment édifié en charpente et couvert de tuiles, présente une vaste cour de 70 mètres de long et de 40 mètres de large bordée par des galeries à portiques. Une fontaine, alimentée par une canalisation souterraine et reliée à l’aqueduc, coulait au centre de la cour.

La découverte d’objets nombreux et variés (monnaies, bijou, poids, fléaux de balances et stylets) atteste des activités commerciales qui se tenaient à l’abri des portiques. Les milliers de fragments osseux recueillis montrent qu’il s’agissait également d’un lieu de débitage et de vente de viande, principalement de porc, de bœuf et de mouton.

Les monnaies se répartissent chronologiquement sur les trois premiers siècles de notre ère avec une forte proportion de la fin du IIIe siècle, période à laquelle le bâtiment semble avoir été abandonné.

Site archéologique d'Aubigné-Racan - Le temple
Site archéologique d’Aubigné-Racan – Le temple

 

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