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le Grand-Pressigny

L’ancien « Prisciniacus« , mentionné au VIe siècle par Grégoire de Tours, fut un fief des chanoines de Saint-Martin de Tours au IXe siècle.

Installée sur le rebord du plateau qui domine la Claise, les vestiges du château du Grand Pressigny, commande plusieurs routes et vallées. C’est la raison pour laquelle, à l’image de Loches, une forteresse défensive y fut très tôt édifiée vers 1193 par Guillaume de Pressigny.

On accède à la forteresse, qui subsiste de ce riche passé, par un pont dormant qui a remplacé le pont-levis d’autrefois dont la saillie où glissait la herse est toujours visible. Cette entrée, qui fait face à l’ouest, est précédée d’une barbacane triangulaire, malheureusement détruite en partie.

Des fossés secs furent creusés dans le calcaire du côté du plateau, point vulnérable de la forteresse.

La place forte est entourée de remparts que domine de ses trente cinq mètres ce qui reste du donjon du XIIe siècle, dont deux des pans s’effondrèrent au matin du 6 février 1988.

Grand-Pressigny - Châtelet d'entrée
Grand-Pressigny – Châtelet d’entrée

Comme à Loches, ce donjon constitue le point-clé du système de défense de la citadelle. Cette gigantesque tour carrée de 35 m de hauteur, est épaulée à ses angles de contreforts plats. Au pied de ce donjon, existait une ultime enceinte, une « chemise », avec des tours d’angles dont on voit encore les vestiges. Au XVe siècle, il fut couronné de mâchicoulis dont il reste les corbeaux.

Au sud, dominant la cité, le rempart, renforcé de tours circulaires, s’appuie sur le coteau. A l’angle sud-ouest, une tour plus haute, élargie au sommet et arasée obliquement, est reliée par un chemin de ronde aux deux grosses tours qui défendaient l’entrée de la place.

Cette forteresse fut le théâtre de nombreux combats ; Jean sans Peur, duc de Bourgogne et allié des anglais, s’en empara en 1417 et la perdit l’année suivante au profit de Charles VII.

Durant plus de cinq siècles, trente sept seigneurs se succédèrent à la tête de cette baronnie: elle appartint aux Pressigny jusqu’en 1302, aux Craon, aux Chabot et aux Beauvau au XVe siècle, aux Prie en 1501, et enfin à Honorat de Savoie Villars.

L’histoire du Grand Pressigny retient surtout Honorat de Savoie, marquis de Villars, comte de Trente et baron de Pressigny-le-Grand qui y mourut en 1580. En effet, c’est à lui que l’on doit la construction de 1550 à 1580 du château dont nous pouvons aujourd’hui admirer les vestiges.

Le Grand Pressigny
Le Grand Pressigny – Vestige du donjon

Le château de style renaissance est bâti au centre de la forteresse médiévale selon les critères du XVIe siècle. Il en subsiste une aile qui divise la cour en deux parties. La façade Ouest de ce long bâtiment de deux étages paraît bien austère mais la façade Est présente un aspect très différent : tout le rez-de-chaussée est occupé par une galerie ouverte de sept arcades en plein cintre avec des voûtes d’arêtes surbaissées.

Des colonnes, surmontées de chapiteaux de style ionique complètent la décoration. Ce corps de logis est prolongé du côté du bourg par un petit pavillon carré construit en légère saillie sur une tour du mur d’enceinte. Il est couvert d’un dôme à l’impériale, et surmonté d’une cheminée richement sculptée. La flèche octogonale d’une tourelle d’escalier domine les toits.

Un hall au sol pavé, dans lequel on pénètre par quatre grandes arcades, subsiste du XVIe siècle.

Grand-Pressigny
Grand-Pressigny

La splendeur de cette demeure seigneuriale impressionnait le visiteur, c’est ainsi que le topographe Chastillon en fit une gravure qui nous montre que le château des Savoie Villars était considéré comme l’un des plus importants du Val de Loire.

Au pied du donjon, la tour « Vironne », ancien beffroi de guet du plus pur style italien de forme octogonale et couverte d’un dôme, renferme l’escalier à vis qui desservait les étages des bâtiments disparus. A son sommet, un élégant balcon, soutenu par des corbeaux sculptés, permet aux visiteurs de bien comprendre la position stratégique de cet éperon rocheux chèrement disputé. Le visiteur, placé à cet endroit aura, en contrebas des jardins de la grande cour du château, une belle vue sur les rassurants toits de tuiles et d’ardoises du bourg du Grand Pressigny qui se déploient joliment et, au-delà, sur la vallée de la Claise.

Du côté du plateau, on devine, au milieu des champs, les vestiges des murailles qui entouraient un vaste parc à la française. Dans ce parc, au creux d’un discret vallon creusé par le ruisselet issu de la fontaine de Ferrus, se cache une curieuse construction couverte d’une coupole, une « nymphée », sorte de boudoir champêtre comprenant une salle ronde avec une entrée en arc surbaissé. Sur la façade concave, les initiales S et V gardent le souvenir d’Honorat de Savoie, marquis de Villars.

Le musée départemental de la préhistoire du Grand-Pressigny.

Grand-Pressigny - Musée de la Préhistoire

Le beau logis renaissance à arcades, abrite depuis 1955 le musée départemental de la préhistoire de renommée internationale.

Divisé en six étapes, cet espace didactique suit l’évolution de l’homme du Paléolithique ancien jusqu’aux âges des métaux. La salle de paléontologie montre de riches collections de fossiles végétaux et animaux présents dans les sédiments laissés en Touraine par les mers qui, voici des millions d’années, occupaient la région.

La salle de Préhistoire permet d’appréhender la diversité et la qualité des industries Préhistoriques locales. Durant quatre cent mille ans les hommes préhistoriques ont séjourné en Touraine où abonde le silex de qualité. Ils ont taillé cette matière pour y façonner de superbes outils. Leur production a intéressé les populations d’autres pays. A la fin du Néolithique, les grandes lames ont été diffusées vers le Jura et les Alpes. Moulages, maquettes, bornes interactives, vidéo, complètent l’exposition et apportent de nombreux renseignements sur la vie des hommes préhistoriques.

Le grand fracas du samedi 6 février 1988.

Au matin du 6 février 1988. Les rigueurs hivernales répétées, associées à un sol fuyant, eurent soudain raison du donjon du château. les pieds de ce colosse de pierre, vieux de huit siècles, reposaient sur du gruyère. L’un des voisins de la tour carrée, en fut quitte pour une belle peur rétrospective, un bloc de pierre étant tombé dans sa cuisine.

 

@ludianov.fr

 

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