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Le château de Serrant

Château de Serrant
Château de Serrant

Le somptueux château de Serrant, dont le schiste brun contraste avec le tuffeau blanc a beaucoup de personnalité. Entourée de larges douves en eau, il est situé à une quinzaine de kilomètres à l’ouest d’Angers, dans la commune de Saint-Georges sur Loire.

Le château se présente sous l’aspect d’un bâtiment d’une soixantaine de mètres de longueur, cantonné de deux grosses tours rondes coiffées de dômes. Le bâtiment est orné en son centre par un escalier couvert. Un balcon continu souligne fortement la façade et les tours comme pour simuler un chemin de ronde, selon un style très traditionnel dont Bonnivet en Poitou constitue un bon exemple. En revanche, la lucarne attique qui couronne l’escalier central et les dômes qui couvrent les tours sont d’une conception plus novatrice. Le projet initial des parties hautes, que l’on connaît par le marché de 1539, prévoyait un toit en pavillon pour l’escalier et des poivrières sur les tours d’angle. On a changé de parti entre le projet de 1539 et la réalisation définitive par les Brie, sans doute sous l’influence de modèles prestigieux.

Le château actuel est le résultat de plusieurs campagnes de construction au cours des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles. Elle présente une grande unité.

Le somptueux château de Serrant
Le somptueux château de Serrant

Ponthus de Brie, chambellan de Louis XI, fait bâtir, en 1481, une forteresse, défendue de toute part grâce à des pont-levis, des douves et des tours massives qui dominent la campagne environnante.

Dans les années 1530, Péan de Brie qui souhaite un château neuf, fait débuter les travaux qui sont à l’origine du château que nous pouvons admirer aujourd’hui. Péan de Brie fait appel à Jean Delespine, l’architecte qui s’est illustré à l’hôtel Pincé à Angers. En 1539, on passe un marché pour les parties hautes, signe que la construction est déjà bien avancée.

Péan de Brie meurt peu après, vers 1542-1543. Son fils. Magdelon de Brie, poursuit les travaux et meurt lui aussi peu après, dans les années 1548-1549. Serrant revient alors à son demi-frère Charles qui connaît bientôt des difficultés financières. Le château, inachevé, est vendu par adjudication en 1597. Péan de Brie et ses fils n’ont élevé que la partie gauche et l’escalier central. En 1596, Hercule de Rohan, duc de Montbazon, devient le propriétaire des lieux.

Le château de Serrant
Le château de Serrant

Mais c’est surtout en 1636, lorsque Guillaume Bautru l’achète, que les travaux connaissent un nouvel essor. Né à Angers en 1588, Guillaume Bautru est conseiller d’État sous Louis XIII et sous Louis XIV, introducteur des ambassadeurs chez le roi, ministre plénipotentiaire, et en grande faveur auprès de Richelieu et de Mazarin. Il est admis à l’Académie le 13 mars 1634. Il fut un bel esprit. Selon Chapelain, « Ceux qui ont part à son secret disent que les Relations de ses ambassades ne peuvent être mieux écrites. ».

Guillaume Bautru marqua également son temps par ses comportements originaux : libertinage, plaisanteries bouffonnes, satires et reparties piquantes. Il fut aussi un bâtisseur efficace. En effet, dans les années 1640, Il décide de poursuivre les travaux selon le plan initié par Hercule de Rohan : la façade est achevée, ainsi que la tour sud et les deux ailes en retour sur la cour (achevées en 1710).

Lors de cette nouvelle campagne, on poursuit la façade à l’identique, sauf dans les parties hautes où l’on remplace le comble par un attique. (Cette disposition n’existe plus dans le château actuel, supprimée lors de la restauration de 1870 qui rétablit un étage en surcroît avec lucarnes).Il est surprenant de constater que, malgré le siècle qui sépare les travaux commandés par Guillaume Bautru et ceux réalisés par son prédécesseur, Hercule de Rohan, l’unité de la construction a été préservée, grâce à un strict respect du programme architectural établi au XVIe siècle.

Guillaume Bautru meurt le 7 mars 1665.

Sa petite-fille, Marguerite de Bautru, épousa le marquis de Vaubrun, lieutenant général des armées du Roi. À la mort de son mari, tué aux côtés de Turenne à la bataille d’Altenheim, la marquise de Vaubrun poursuivit les travaux jusqu’en 1705. C’est elle qui fit élever, par J. Hardouin-Mansart, la belle chapelle dédiée à la mémoire de son mari et, par Coysevox, le mausolée en marbre blanc. En 1749, la dernière descendante de Guillaume de Bautru est veuve et sans enfants : elle vend le domaine de Serrant. C’est un armateur nantais du nom d’Antoine Walsh qui en fait l’acquisition, il est issu d’une vieille famille irlandaise qui s’est volontairement exilée en France afin de démontrer son intangible loyauté envers les Stuart détrônés. Les Walsh réaménagent la décoration intérieure du château, créent un parc à l’anglaise, édifient les deux pavillons, la monumentale grille d’honneur, qui porte leur blason : un cygne navré, c’est à dire percé d’une flèche.

En 1755, Serrant fut érigé en comté.

Le château de Serrant
Le château de Serrant

En 1830, la Comtesse Valentine Walsh de Serrant épouse le Duc de la Trémoïlle qui est issu d’une des plus vieilles familles de France. Le Duc fait restaurer le château par Lucien Magne. De cette époque datent la balustrade ornée de pots à feu, les chapiteaux qui couronnent les fenêtres du deuxième étage, et le blason des la Trémoïlle au-dessus de l’entrée principale.

Aujourd’hui, le château est la propriété du Prince et de la Princesse de Merode qui descendent des La Trémoïlle.

Les appartements sont magnifiquement meublés. De somptueuses tapisseries flamandes ornent la grande salle à manger. On admirera le grand escalier, les appartements aux plafonds à caissons du 1er étage, la bibliothèque et ses vingt mille volumes, les chambres d’apparat où passèrent Louis XIV et Napoléon. Les œuvres d’art sont nombreuses: glaces de Venise, tapisseries des Flandres et des Gobelins, très beau cabinet italien, buste de l’impératrice Marie-Louise par Canova, portraits.

 

©ludianov.fr

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