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Le château de Montrésor

Château de Montrésor
Château de Montrésor

Si Montrésor est, par son étendue, la plus petite commune de Touraine avec moins de un km2 de superficie, c’est aussi un des plus beaux villages, aux rues pittoresques, bâti à l’ombre protectrice de son puissant château qui domine de haut la coquette vallée de l’Indrois. Le village de Montrésor est classé parmi « Les Plus Beaux Villages de France ».

Dans ce décor féerique, le nom de la commune évoque inévitablement quelque origine légendaire et chacun connaît ici la belle histoire de ces deux chevaliers qui se reposaient au bord de l’Indrois et qui virent soudain sortir de l’anfractuosité d’un rocher un petit lézard « couvert d’une cuirasse d’or ». Les chevaliers se précipitèrent aussitôt vers le rocher dans lequel s’ouvrait un souterrain dans lequel ils découvrirent un somptueux trésor.
La vérité est plus prosaïque : le fief de Montrésor relevait autrefois du Trésorier du Chapitre de la Cathédrale de Tours d’où son nom de « Mons Thesauri » au Xème siècle devenant « Monthésour » au XIIIème , et enfin Montrésor.

Le premier seigneur connu de Montrésor est Roger le Petit Diable, qui vivait au XIe siècle. Il était contemporain du comte d’Anjou, Foulques Nerra, aux côtés duquel il se battit contre les comtes de Blois, et notamment Eudes de Blois. Il édifia, au bord du coteau escarpé qui domine l’Indrois, un premier donjon défensif aujourd’hui disparu. Cette puissante forteresse joua un rôle important dans la lutte qui opposa le comte d’Anjou aux comtes de Blois, pour la domination de la Touraine.

Montrésor connut bien d’autres seigneurs, avant de passer aux mains des Plantagenêt, rois d’Angleterre. C’est Philippe Auguste qui leur reprit la place en 1188.

Jean III de Bueil, rebâtit le château une première fois à partir de 1375. Puis, en 1493, Imbert de Bastarnay, seigneur du Bouchage et de Bridoré, devient le propriétaire de la chatellerie de Montrésor pour la somme de 6800 livres tournois.
Imbert, grand-père de Diane de Poitiers, fidèle conseiller des rois Louis XI, Charles VII, Louis XII et François Ier, débute la construction d’un logis neuf à l’intérieur de l’enceinte fortifiée. La vaste demeure de plaisance devait abriter la cour qui entourait ce grand seigneur. Elle devait aussi servir de cadre aux fêtes somptueuses qu’il organisait avec l’aide de son épouse, la belle Georgette de Montchenu, qui, selon les chroniques, dansait avec grâce et jouait de la musique avec talent.

Château et village de Montrésor
Château et village de Montrésor

Cette construction fut achevée en 1502. C’est un logis de plan rectangulaire dont la façade sur la cour porte aux angles des échauguettes en encorbellement. Une tourelle d’escalier polygonale abrite l’escalier. La façade méridionale, vers la vallée, domine les toits pointus du vieux bourg blotti à ses pieds. Encadrée de deux tours cylindriques couronnées de mâchicoulis, elle est percée de deux étages de fenêtres à meneaux surmontées de lucarnes.

Imbert de Bastarnay débute aussi, en 1493, la construction d’une collégiale qui sera achevée par son petit-fils René.

Dès le XVIIème siècle, Montrésor change plusieurs fois de propriétaires, pour appartenir successivement à Charles de Lorraine, aux seigneurs de Bourdeilles, et à Philippe d’Orléans.

Une première campagne de travaux, intervenue dans les années 1830, supprime la chapelle et restaure la partie Ouest du logis.

En 1849, Xavier Branicki, fils d’une illustre famille polonaise, devient le propriétaire du château de Montrésor en même temps que plus de 2000 ha de terres situées dans les environs. Cet émigré polonais, accompagna le prince Napoléon à Constantinople, lors de la guerre de Crimée, et tenta de former un régiment polonais. Il fut aussi un important financier qui participa à la création du Crédit Foncier de France. Auteur d’ouvrages économiques, politiques et historiques, le nouveau châtelain de Montrésor fut aussi, pour la petite commune (dont il fut le maire de 1860 à 1870), un généreux mécène.
A partir de 1849, le comte Branicki reconstruit presque entièrement le logis d’Imbert de Bastarnay, dont il ne reste malheureusement que les pignons et les murs porteurs intérieurs.
Xavier Branicki, grand amateur d’art et collectionneur avisé, a constitué peu à peu dans son château un véritable musée (meubles de la Renaissance italienne, trophées de chasse, et aussi pièces d’orfèvrerie provenant des anciens rois de Pologne).

Du château féodal de Montrésor reconstruit à la fin du XIVe siècle, par Jean de Bueil, il ne subsiste, dominant l’Indrois, que l’enceinte, les deux tours décapitées et les vestiges de la porte d’entrée Est. Les deux tours sont reliées entre elles par un haut mur, elles précèdent l’entrée actuelle du château. Par contre les fortifications qui protégeaient la place sont encore impressionnantes, notamment du côté du plateau où furent creusés dans le calcaire des fossés secs. Deux énormes tours rondes, flanquant une première enceinte, en constituent l’élément le plus spectaculaire. Légèrement en retrait et au-dessus, sur la bute qui porte le château, s’élève une seconde courtine, renforcée de tours et d’épais contreforts. (On aperçoit encore une partie de ses créneaux et de son chemin de ronde).
Du logis neuf, construit par Imbert de Bastarnay, il ne reste presque rien. Ce logis présentait les dispositions traditionnelles des constructions de ce type à la fin du XVe siècle : de grandes lucarnes, un escalier en vis hors oeuvre dans une tour polygonale.

En 1830, la chapelle fut supprimée ce qui restaura la partie ouest du logis dans son état d’origine.

Entièrement restauré et meublé, doté d’une importante collection d’oeuvre d’art, le château est aujourd’hui tel qu’il était à l’époque de Xavier Branicki.
Les salons comportent de nombreux tableaux, primitifs italiens provenant de la collection du cardinal Fesch, oncle de Napoléon Ier, des peintures retraçant l’histoire de la Pologne, des portraits de famille peints par Madame Vigée-Lebrun, Winterhalter, des bas-reliefs en bois du XVIIe siècle de Pierre Vanneau représentant les batailles du roi de Pologne Jean III Sobiski contre les Ottomans, de fort belles pièces d’orfèvrerie appartenant aux rois de Pologne, des trophée de chasse, des décorations et souvenirs militaires, etc.

Village de Montrésor
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Depuis le château, la vue est imprenable sur les gâtines de Loches et de Montrésor et ses petites vallées qui serpentent entre des massifs forestiers épars.
Le jardin se découvre à l’intérieur des murailles de la forteresse. Dans ce petit espace au charme médiéval, le parc offre de belles ambiances de l’époque du second Empire.
Les terrasses sont étagées sur quatre niveaux en passant par l’orangerie et le jardin d’hiver. Cette disposition confère au site un cachet très pittoresque. Une collection de pivoines arborescentes très intéressante y est cultivée.
Chaque niveau vous permet de découvrir plusieurs aspects du paysage. Sur le toit, le panorama découvre une vue sur la vallée de l’amont à l’aval du village.

La visite du château est à compléter par la collégiale Saint Jean Baptiste qui se trouve au bas du château. Elle fut bâtie de 1519 à 1541 dans le style gothique. Cette collégiale fait partie d’un groupe de chapelles à vocation funéraire, avec celle d’Ussé et des Roches-Tranchelion.
Au bas de la nef, trois magnifiques gisants de marbre blanc, abritent les dépouilles d’Imbert de Bastarnay, de son épouse et de leur fils.
Dans la chapelle du chœur, se trouve l’Annonciation peinte par Philippe de Champaigne au XVIIe siècle.
Consacrée en 1522, la collégiale offre un très beau décor Renaissance.
La porte sud est notamment encadrée de deux colonnes dont le fût est coupé par une large bague moulurée. De belles chutes ornent les colonnes baguées. Ce motif décoratif qui se lit de haut en bas, commence par un anneau auquel s’accroche un fil qui porte toute sorte d’objets suspendus.
Dans la partie inférieure de l’un des fûts, un bucrane – ou tête de bœuf – orné de feuillages se cache dans l’enchaînement des objets.
L’écoinçon de l’arc de la porte est orné d’un grand squelette qui tient une faux, représentation peu fréquente de la mort dans la sculpture ornementale de la première Renaissance.

 

©ludianov.fr

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